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Tu Sais Quoi?
Le préservatif est le meilleur moyen de se protéger contre le VIH, les IST et les hépatites
Infos | 29.04.2013 - 12 h 52 | 0 COMMENTAIRES
Après une prise de risques, le réflexe Traitement Post Exposition

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Il existe une solution pour mettre fin aux doutes après une relation sexuelle non protégée, il s’agit du Traitement Post-Exposition (TPE). Le TPE est un traitement antirétroviral à prendre pendant quatre semaines et qui vise à réduire le risque de contamination par le VIH.

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COMMENT PROCÉDER?
Toute personne peut y avoir accès en se rendant aux services des urgences le plus proche, si possible avec le partenaire (notamment s’il est séropositif), afin de procéder à une évaluation du risque de contamination auprès d’un médecin. Afin d’être pris en charge rapidement, il est conseillé d’appeler les urgences avant de s’y rendre et de déclarer avoir eu un AES (Accident d’Exposition Sexuelle ou au Sang). Enfin, il est aussi hautement recommandé de se présenter dans les quatre heures suivant le rapport sexuel, ou au plus tard dans les 48 heures. Plus le TPE est commencé tôt, plus le risque de contamination pourra être diminué. Le TPE n’est pas entièrement fiable, néanmoins pris à temps et si l’observance au traitement est respectée, les risques de contamination peuvent être réduits de 80%.

QUE FAUT-IL SAVOIR SUR LE TRAITEMENT?
Considéré comme un traitement lourd et contraignant, la trithérapie prescrite peut entraîner chez certaines personnes des effets indésirables (fatigues, nausées, diarrhées). Un mois après la fin du traitement, il est primordial d’aller se faire dépister pour vérifier l’effet du traitement. Un suivi sérologique sera ensuite observé dans les mois qui suivent.

Il est important d’utiliser un préservatif lors de tout rapport sexuel durant la prise du TPE, car le traitement ne protègera pas le partenaire d’une éventuelle contamination, notamment en raison du risque de primo-infection, stade où la charge virale est particulièrement élevée. De plus, le TPE ne protège pas des autres MST et IST et ne constitue en rien un «vaccin» contre le VIH. Le TPE est une stratégie de prévention biomédicale qui peut être fiable si elle est associée au préservatif. Comme le précise le rapport 2010 du ministère de la Santé Prise en charge médicale des personnes infectées par le virus du VIH, le TPE «ne peut pas représenter une stratégie efficace pour les personnes multipliant les rapports non protégés avec des partenaires occasionnels, en particulier au sein d’une population à très forte prévalence.»

Infos | 29.04.2013 - 12 h 35 | 0 COMMENTAIRES
«Il est trop beau, je ne risque rien»: décryptage du séroguessing, un «Don’t Ask, Don’t Tell» sérologique

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Le terme de «séroguessing» (qu’on pourrait traduire par séro-estimation ou séro-déduction) a été introduit en 2007 par l’épidémiologiste Iryna Zablotska-Manos à l’occasion de ses recherches sur le sérosorting, pratique de réduction des risques où l’on choisit d’avoir du sexe non protégé uniquement avec des partenaires dont on connait le statut sérologique.

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SÉROGUESSING? DE QUOI PARLE-T-ON?
Lorsqu’une personne souhaite mettre en place une stratégie de sérosorting avec un partenaire occasionnel, elle doit connaître précisément son statut sérologique et être en mesure de communiquer avec son/ses partenaires pour adapter ses pratiques sexuelles. Dans le cadre du séroguessing, le ou les partenaires sont dans un comportement de supposition ou de déduction du statut sérologique de l’autre. Ce comportement peut s’apparenter à une dérive du sérosorting puisqu’il vise d’abord à réduire les risques de transmission du VIH en choisissant un partenaire séroconcordant. Cependant le séroguessing ne s’appuie sur aucune donnée concrète et se fonde essentiellement sur des spéculations sur la santé des personnes, notamment en fonction de l’apparence, de la condition physique, ou encore l’attitude par rapport au préservatif. C’est ce que présente le film de Stéphane Foenkinos: «Il est trop beau, je ne risque rien».

Ne présentant aucune fiabilité, le séroguessing conduit à la supposition de la concordance entre partenaires et par conséquent à une non-utilisation du préservatif. À ce titre, il devient une forme de «Don’t Ask Don’t Tell» («Ne pas demander, ne pas dire») sérologique: on ne demande pas son statut à son partenaire, on ne dévoile pas non plus le sien. Sous couvert d’éviter un rejet, il est clair que cette pratique entretient aussi la sérophobie au sein du milieu gay, poussant à passer sous silence sa séropositivité, sans pour autant se protéger lors des relations sexuelles.

Infos | 02.04.2013 - 14 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Prévention trans’: les associations OUTrans et Chrysalide sur tous les fronts

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Pour Ali Aguado, coordinateur de la commission santé de l’association OUTrans, les personnes trans’ sont globalement bien avertis sur les modes de transmissions et les prises de risques: «Beaucoup d’informations circulent en terme de prévention, de réduction des risques. Même si cela ne s’adresse pas spécifiquement à un public trans’, ils/elles font cette gymnastique intellectuelle pour s’adapter aux messages. Les véritables questions se posent plutôt en terme d’estime de soi et de confiance, comment les personnes trans’ peuvent imposer une relation protégée. Il y a parfois une transphobie intégrée qui provoque des difficultés à en parler et à négocier une protection.»

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Selon lui, la prévention doit aussi s’adresser aux partenaires des personnes trans’: «Ça n’a pas de sens de ne s’adresser qu’aux trans’, car leurs partenaires sont eux aussi dans l’invisibilité. On ne peut pas faire porter la responsabilité de trouver et de penser ses stratégies de réductions des risques qu’aux trans’.»

À l’association lyonnaise Chrysalide, Sophie Berthier note des améliorations sur l’information: «Depuis que nous avons sorti le guide informatif Les transidentités et les réductions des risques fin 2010, nous constatons une meilleure connaissance des questions liées à ce sujet qu’auparavant. Pour autant, les questions de réductions des risques ne sont pas au centre des préoccupations, remarque-t-elle. Certaines personnes sont parfois expulsées de chez elles par leur parents, sont au bord du divorce ou tentent désespérément d’obtenir l’accord d’un psychiatre pour pouvoir débuter la prise d’hormones.»

SENSIBILISER LE PERSONNEL SOIGNANT: UNE NÉCESSITÉ
L’an dernier, OUTrans a lancé une campagne nationale d’incitation au dépistage «La transphobie tue, pas le dépistage»: «Le but était aussi de s’adresser aux partenaires et de susciter une démarche d’empowerment pour que chacun-e soit acteur-trice de sa santé. Par la suite, on a mis en place une formation en direction du personnel soignant qui n’est pas forcément au fait de la réalité des personnes trans’, notamment dans les Centres de dépistage anonyme et gratuit et les Centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST). Si les médecins, les infirmiers-ères sont sensibilisé-e-s et mieux informé-e-s, les personnes trans’ seront mieux pris-e-s en charge et auront plus de facilités à prendre soin de leur santé.»

En effet, les chiffres montrent que la crainte de subir des préjugés de la part des médecins représente un frein à l’accès aux soins. Dans l’enquête Santé Trans 2011 menée par Chrysalide, ils/elles sont 35% à déclarer avoir déjà renoncé à se faire soigner pour cette raison. De plus, 16% des personnes interrogées ont déclaré avoir subi un refus de rendez-vous de la part d’un médecin. Enfin, les trois-quarts d’entre eux/elles ont déjà été mal à l’aise avec leur médecin, pour une raison en lien avec la transidentité. Ce problème est donc bien identifié par les associations trans’: «Il faudrait que les pouvoirs publics interviennent auprès du corps médical pour les inciter à être davantage à l’écoute des alertes et des préconisations émanant du tissu associatif trans’, suggère Sophie Berthier. Chrysalide a lancé fin novembre une première campagne auprès de médecins généralistes en France. Plus de 7000 ont été contactés. Nous allons développer cette sensibilisation durant les prochaines années.»

DES BROCHURES NON GENRÉES CRÉÉES PAR LES ASSOCIATIONS
En 2009, OUTrans a créé la brochure Dicklit et T Claques: «On a constaté que rien n’était fait en terme de prévention pour les trans’ gays/pédés. Ça nous semblait pertinent d’aborder la réduction des risques en touchant la minorité d’une minorité, grâce à un support inclusif.» De plus, OUTrans met en œuvre une démarche bien particulière en terme de vocabulaire dans ses supports: «On fait en sorte d’avoir un discours non genré, explique Ali Aguado. Par exemple, on n’emploiera pas les termes de préservatif masculin ou féminin, mais plutôt préservatif externe ou interne. De même qu’on parlera davantage de pratiques sexuelles que d’orientations sexuelles, sans pour autant en omettre leur spécificité et leurs effets dans les pratiques sexuelles. On cherche vraiment à dégenrer les paradigmes de prévention.»

Les retours suite à cette initiative ont été très positifs: «Cette brochure répondait à un réel besoin. On a eu des demandes dans les Dom-Tom, mais aussi en Belgique, en Suisse, au Luxembourg pour adapter et diffuser la brochure, et même pour la traduire en vu d’une diffusion en Espagne.» Chrysalide a aussi mis en place des outils, comme le site Gare à tes fesses!: «Nous l’avons créé pour pallier au manque d’outils existants. Nous avions sorti quelques mois plus tôt notre guide sur les réduction des risques, qui traite de manière beaucoup plus détaillé le sujet. Les deux outils sont complémentaires et permettent de toucher des publics différents.» Là encore, l’association lyonnaise a pu constater les bénéfices d’une telle initiative: «Beaucoup de personnes lisaient pour la première fois un document de réduction des risques sexuels, celles-ci étant rebutées par les documents destinés à des bio. Comme nous l’espérions, notre guide informatif et notre site Internet ont donc permis de toucher un public qui n’était jusqu’ici pas atteint par les campagnes généralistes.»

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«Il est plus qu’urgent aujourd’hui que les pouvoirs publics s’emparent de cette question de santé sexuelle et de santé globale au-delà des parcours de soins liés aux transitions, conclut Ali Aguado. La communauté trans n’a pas seulement besoin d’endocrinologues ou de chirurgiens. Nous avons besoin de médecins généralistes ou spécialistes respectueux de nos parcours de vies, pour nous accompagner et nous informer dans nos démarches de self-care.» Pour Sophie Berthier, il ne fait aucun doute que les associations ne peuvent pas rester les seules à se consacrer aux enjeux liés à la transidentité: «Pour un travail efficace, il faudrait qu’un partenariat entre associations et pouvoirs publics puisse être mené sur un plus long terme, ce qui permettrait de pérenniser des actions et faire un travail de fond sur la durée. Mais les associations, pour indispensables qu’elles soient actuellement, ne doivent pas être les seules à fournir ce travail.»

Dans la collection de films de prévention Tu sais quoi?, Bruce a réalisé «Avec toi, j’en mets pas!», à découvrir et à faire découvrir.

 

Infos | 20.03.2013 - 13 h 29 | 5 COMMENTAIRES
« Je ne baise qu’avec des mecs clean »: décryptage et mise à l’épreuve d’une stratégie de réduction des risques

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Véritables stratégies communautaires de réduction des risques ou leurres conduisant à une augmentation des contaminations? Les pratiques de sérotriage ou de séropositionnement, qui consistent à adapter ses pratiques de prévention en fonction du statut réel ou supposé de ses partenaires sexuels ne font pas l’unanimité. Pour certains, ces techniques sont des moyens d’endiguer l’épidémie, des stratégies alternatives suivant l’idée que tous n’utilisent pas ou ne souhaitent pas utiliser systématiquement le préservatif. Pour d’autres, le sérosorting de façon générale entretient un clivage entre séropositifs et séronégatifs chez les gays et banalise les prises de risques dans le cadre des relations non protégées. Mais d’abord, de quoi parle-t-on? C’est le chercheur Jean-Yves Le Talec qui a le premier en France utilisé ces termes pour désigner des types de pratiques sexuelles:

  • Les pratiques qui consistent à choisir le partenaire sexuel en fonction de son statut sérologique: on baise entre séropositifs ou entre séronégatifs.
  • L’adaptation des pratiques sexuelles en fonction du statut sérologique de son partenaire: on applique diverses pratiques de réduction des risques en fonction du statut sérologique du partenaire.

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SEROSORTING: UN MOT, PLUSIEURS PRATIQUES
« Apartheid viral », « ségrégation sérologique », plusieurs termes sont utilisés par les détracteurs-trices du sérosorting pour qualifier ce qu’ils-elles voient comme une forme de stigmatisation des personnes séropositives au sein même de la communauté gay. Car, par sérosorting, c’est souvent le sérotriage qui est visé. Ce terme qualifie le refus d’une personne à avoir des relations sexuelles avec une personne sérodifférente. Mais selon la définition de Jean-Yves Le Talec, le sérosorting recouvre plusieurs pratiques, puisqu’il correspond aussi à la séroadaptation ou au séropositionnement, qui consistent à adapter ses pratiques (dans le cas d’une relation entre partenaires sérodifférents) en fonction du statut sérologique connu ou supposé de son/ses partenaires: répartition des rôles insertif/réceptif en fonction du statut sérologique dans le cas de pénétrations anales non protégées, prise en considération de la charge virale indétectable. Le préservatif fait aussi faire partie des outils mis en place dans les stratégies de sérosorting, quand il est utilisé lors de relations sexuelles avec des partenaires sérodifférents, par exemple.

LES LIMITES DE CES STRATÉGIES
Pourtant, ces stratégies présentent aussi leurs limites. En premier lieu, qu’elles soient séroconcordantes ou sérodiscordantes, les deux personnes s’exposent aux autres IST en choisissant de ne pas utiliser de préservatif. Ainsi, si le sérosorting peut conduire dans certains cas à une stabilisation ou à une baisse des contaminations au VIH dans une population, la transmission des autres maladies risque de connaître l’évolution inverse.

Pratiquer le sérosorting nécessite par ailleurs de savoir précisément son propre statut sérologique à tout moment: il ne peut être mis en œuvre que dans un environnement où la connaissance et la communication de son statut est rendu possible à son partenaire. Pour être efficace, le sérosorting doit donc répondre à une condition majeure, à savoir une pratique régulière du dépistage de toutes les IST et une bonne connaissance des pratiques de réduction des risques pour adapter ses propres comportements en fonction de son statut sérologique et de chaque circonstance. Mais il doit également se pratiquer dans des situations où les séropositifs souhaitent dire leur statut et peuvent le faire de manière safe, sans craindre de rejet ou de discriminations, ce qui est encore compliqué à l’heure actuelle. Enfin une des limites à la pratique du sérosorting entre séronégatifs est qu’une très grande partie des contaminations par le VIH se font via des personnes en phase de primo-infection et qui ignorent donc leur statut et ont une charge virale extrêmement élevée.

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UNE PRATIQUE QUI DIVISE
Si Act Up-Paris critique vivement le procédé comme un moyen illusoire de réduire les risques entraînant davantage de ségrégation que de baisse de contaminations, Warning présente cette stratégie comme une forme d’empowerment montrant que les gays ont développé leur propre moyen de réduire les risques liés à la contamination par le VIH.

Pour Jérôme André, président d’HF Prévention, cette pratique est une triste réalité: «On constate qu’il y a en effet du sérotriage qui entretient une sérophobie que je qualifierais de latente. Les gens qui font du sérotriage ne le nomment pas ainsi et ils sont dans un comportement de crainte de la contamination envers eux-mêmes, pas dans une démarche pour protéger l’autre! Notre spécificité à HF Prévention, c’est qu’on est présent sur les lieux de rencontres extérieurs, les parkings, les forêts, les aires d’autoroutes, et donc qu’on a affaire à des HSH qui ne se définissent pas nécessairement comme gays. On a donc constaté une autre forme de sérotriage, pas basé sur le statut sérologique, mais en fonction du genre ou de la sexualité. Certains ne souhaitent avoir que des pratiques entre hétérosexuels car ils pensent qu’ils ne pourront pas être contaminés tant qu’ils n’ont pas de relations avec des homosexuels. Ces HSH sont très mal informés, ne se font pas dépister, et vu qu’ils ne se reconnaissent pas comme gays, ils ne sont pas touchés par la prévention gay.»

LE SEROSORTING EN CAMPAGNE
A l’automne 2006, le département de santé de la ville de San Francisco a lancé la campagne «Disclose HIV» (en français: dévoiler le VIH), qui tirait parti de la stratégie du sérosorting. La campagne mettait en avant la nécessité de parler ouvertement de son statut sérologique dans ses relations pour inciter par conséquent au dépistage volontaire afin que chacun soit en mesure de gérer ses propres risques.

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Le sérosorting est une stratégie complexe recouvrant différents moyens et différentes pratiques que chacun doit être en mesure d’adapter à sa propre situation. La capote fait partie intégrante de ces stratégies de prévention, y compris en cas de rapports sexuels basés sur la séroadaptation. La connaissance de son propre statut et des pratiques réduisant les risques, un suivi médical et des dépistages réguliers mais également la communication avec ses partenaires sont indispensable à sa mise en œuvre.

Pour voir ou revoir le film de Mikael Buch « Je ne baise qu’avec des mecs clean », cliquez sur l’image.

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Tu sais quoi?, le préservatif est le meilleur moyen de se protéger du VIH et des autres IST.

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