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Tu Sais Quoi?
Le préservatif est le meilleur moyen de se protéger contre le VIH, les IST et les hépatites
Infos | 07.05.2013 - 10 h 30 | 2 COMMENTAIRES
Comportements de prévention chez les gays: «On ne peut pas dire que l’usage du préservatif est devenu has been»

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annie-velter-invs-okAnnie Velter est socio-démographe à l’Institut de veille sanitaire (InVS). Son travail d’enquête auprès des des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) apporte un éclairage sur la situation actuelle et sur les comportements des gays en matière de prévention.

UNE DIFFÉRENCE DE COMPORTEMENTS ENTRE LES SÉROPOSTIFS ET LES AUTRES
«Sans faire de généralités en matière de comportements préventifs, on note quand même une forte dichotomie entre les homosexuels séropositifs et ceux qui ne le sont pas», explique Annie Velter. Cette observation n’est pas nouvelle, puisque dès la première Enquête Presse Gay en 1985, des différences de comportements préventifs entre séropositifs et séronégatifs étaient visibles: «Chez les non séropositifs, on a vu dernièrement une baisse dans l’utilisation du préservatif, mais on ne peut pas dire que l’usage du préservatif est devenu has been. On sait que 53% l’utilisent de manière systématique. Chez les personnes qui se savent séropositives, l’usage systématique chute à 18%.»

Annie Velter explique cette baisse par l’arrivée des traitements et la communication autour de la charge virale indétectable: «Les personnes séropositives se sont emparés du TasP, le traitement utilisé comme outil de prévention. Mais il faut garder en tête que c’est une stratégie qui a ses limites, puisqu’on voit une proportion importante de contaminations aux IST, du fait de l’abandon du préservatif au profit de la trithérapie. Il y a une vraie nécessité de mieux informer ces personnes sur les prises de risques lors de relations sexuelles non protégées.» La prévalence des IST est en effet en augmentation depuis plusieurs années, particulièrement dans les cas de gonococcies et de syphilis, selon les Enquêtes Presse Gay réalisées en 1997, 2000 et 2004.

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DES JEUNES MAL INFORMÉS
Annie Velter insiste aussi sur le cas alarmant des jeunes gays: «Ce qui est inquiétant, c’est qu’ils n’ont pas de comportements différents de leurs aînés». Pourtant, ils ne sont pas moins vulnérables. Le VIH a cependant cette image d’une maladie générationnelle qui provoque souvent chez les jeunes homosexuels un sentiment de ne pas se sentir concerné. «À l’occasion de l’enquête Prevagay en 2009, j’avais été très étonnée par leur manque de connaissances sur ce qu’est la prévalence* chez les gays , pourquoi il est plus important pour eux de se protéger par rapport aux hétérosexuels, ou même tout simplement ce qu’est une IST, se souvient Annie Velter. Ces jeunes n’ont pas la notion de l’incidence** du sida sur la communauté gay. Pour une partie d’entre eux, ils ont une mode de vie moins communautaire, hors ghetto justement, qui leur donne le sentiment de ne pas être concerné. Enfin, ils sont moins touchés par les messages de prévention. Il y a un réel enjeu en terme de prévention à viser de nouveau les jeunes générations.»

* En épidémiologie, la prévalence est une mesure de l’état de santé d’une population à un instant donné. Elle correspond au nombre de personnes touchées par une maladie .

** L’incidence d’une pathologie est une mesure du risque pour un individu de contracter une pathologie pendant une période donnée.

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